jeudi 20 juillet 2017

Q&A avec Lambert Wilson sur Odyssey de Jérôme Salle, le mercredi 5 juillet 2017 au Ciné Lumière de l'IFRU

Odyssey de Jérôme Salle avec Lambert Wilson, le mercredi 5 juillet 2017

Dernier Q&A de la saison et mon "dernier" au Ciné Lumière… 

Résumer un biopic n’a rien d’intéressant, surtout quand l’histoire est connue, même si en centrant le film autour de la relation entre Jacques-Yves Cousteau et son plus jeune fils Philippe qui a disparu tragiquement dans un accident d’avion, le film évite d’évoquer la vie de Cousteau de sa naissance à sa mort.

Le film est sorti en France en 2016. Il est projeté à Londres en avant-première du fait de la venue de Lambert Wilson qui patronne le projet Lumière(s), projet qui devrait permettre la rénovation des Salons de l’IFRU (Institut Français au Royaume-Uni) et la création d’une deuxième salle de cinéma (de 50 places), notamment pour les projections documentaires et scolaires. 
Il devrait être diffusé à la rentrée au Royaume-Uni.  

La salle est évidemment pratiquement pleine. On a même refuser de vendre des billets plusieurs jours avant, et les quelques fauteuils vides sont des places d’invités qui n’ont pas eu la courtoisie de prévenir qu’ils ne seraient pas là. Il y a beaucoup plus de francophones que d’habitude et un quota important d’invités puisque la réception après le film va permettre une nouvelle levée de fonds du Projet Lumière(s). 

Le petit sac de goodies qu’on distribue à la fin est d’ailleurs assez drôle. Au lieu d’un parfum de luxe, les invités ont droit à une très jolie boîte de sardines portugaises, et à un petit savon de Marseille !
 
Comme je n’ai pas pris de notes, cela ne sera que quelques bribes de souvenirs sur un film qui, sans être du tout désagréable, n’est pas un film marquant. Je ne vais pas pouvoir vous faire un déroulé chronologique exact qui serait forcément déformé par ma mémoire. Je ne sais plus tout à fait quelles questions ont été posées par le public, et quelles questions émanent de Paul Ryan. Par ailleurs, il n’y a pas de traduction et Lambert Wilson répond très vite (son anglais est totalement fluide) et longuement, tout en rebondissant parfois sur une autre chose.
Paul Ryan et Lambert Wilson pendant le Q&A au Ciné Lumière (@Valérie Sieyes)
Il est cependant tout à fait parfait. Il parle parfaitement anglais avec juste une toute pointe d’accent. Il est agréable quelque soit l’interlocuteur. Il a d’ailleurs consacré sa matinée à l’enregistrement d’un court-métrage pour la levée de fonds sur le projet dans la salle classée de la médiathèque. Pendant la projection, il participe à un dîner en son honneur à l’ambassade, et après le Q&A, il reste pour les discours, ne se vexe pas quand on fait un quiproquo avec son nom et celui de Christophe Lambert et il se prête très gentiment aux selfies avec les invités de la petite fête organisée dans le hall pour l’événement. 
Le hall de l'IFRU aux couleurs du film. @IFRU
Il a l’air sincèrement convaincu par le film, même si on ne peut savoir s’il est jusqu’au bout un très bon professionnel ou si réellement l’histoire de Cousteau l’a profondément touchée. 

Dans tous les cas c’est ce qu’il explique à Paul Ryan qui présente l’événement. Il explique que comme tout le monde de sa génération il avait suivi à la télévision les émissions de Cousteau et que cette histoire centrée autour de la relation entre le père et le fils l’a interpellée, car Cousteau ressemblait d’une certaine façon beaucoup à son père, l’acteur Georges Wilson (il faut que je vérifie si comme les fils de Cousteau, Lambert Wilson a passé son enfance dans un pensionnat car son père était trop occupé par sa carrière, ou si c’est juste l’idée de grandir à l’ombre d’un géant qui peut permettre d’établir un parallèle). 

Il déclare au début que quand le réalisateur l’a contacté pour jouer le rôle, il a été tout de suite emballé. Il s’est dit aussi : Je ne sais pas si j’arriverais à jouer un homme d’une telle envergure, mais au moins on a une chose en commun, le nez (même s'il avait du se raser le crâne pour porter les différents postiches exigés par le rôle). Il fait évidemment rire toute la salle en disant cela. Il explique aussi qu’il a du maigrir pour le film (8 kilos), car même s’il est mince de nature, Cousteau était lui maigre. 
Cousteau.
Il paraît effectivement très élancé dans son costume et son visage fait étonnement jeune, même si ses cheveux sont grisonnants. C’est l’une des réussites du film, on arrive à croire qu’il a 30-40 ans au début du film. Je n’aurais même pas pris la peine de lui faire teindre les cheveux en blanc à la fin (mais je suppose qu'il fallait qu’il ressemble le plus possible à Cousteau). 

Quand on lui demande comment il a procédé pour incarner Cousteau, il explique que c’était à la fois facile et difficile. Facile parce qu’il y a évidemment des heures et des heures de pellicule qu’il a  pu visionner, mais difficile du fait de la célébrité du personnage. Il ne s’agissait pas pour lui d’essayer d’imiter la voix de Cousteau qui est très particulière. Il s’agissait seulement d’essayer de retrouver des attitudes et de construire un personnage qui sonne juste. 

Un homme le remercie pour le film et pour sa performance et lui demande, étant lui même plongeur, s’il a appris à plonger ou s’il a été doublé. 
Lambert Wilson dit que oui, bien entendu, il a, comme tous les acteurs du film, suivi une formation. Que c’était d’ailleurs assez drôle car elle a eu lieu dans un bassin à Marseille dans une eau qui est très loin de la pureté de celles évoquées par le film (huile de vidange et vase - rires dans la salle). 

Il explique aussi qu’il a éprouvé effectivement la sensation décrite par Cousteau dans le film de voler dans un monde de silence. Mais bien entendu, il n’a pas joué toutes les scènes en plongée et comme les autres, il est doublé par des plongeurs professionnels sur certaines scènes, notamment dans les grandes profondeurs. 
Image du tournage en 2015. @Var Matin. 
Une autre question posée est celle des problèmes rencontrés lors du tournage. On lui demande notamment comment se sont passées les scènes tournées dans l’Antarctique. 
Il a expliqué auparavant qu’ils avaient tourné aux larges des côtes françaises, en Croatie, au large du Cap et en Antarctique. 
Il nous explique en souriant que le tournage au Cap a été assez éprouvant, car les scènes tournées étaient sensées se dérouler en Grèce dans une mer très chaude. Or, l’Océan au large du Cap est gelé, et ils restaient très longtemps dans l’eau, en devant donner l’impression de forte chaleur.

Pour le tournage dans l’Antarctique, il explique tout d’abord qu’ils ont vraiment tourné dans ces cabanes de bois abandonnées par les pêcheurs de baleines, sans en avoir l’autorisation car elles sont normalement interdites d’accès et protégées. Ils ont pris le risque de le faire, car attendre les autorisations auraient pris trop de temps. 

Il nous raconte aussi que la scène où le père et le fils se retrouvent filmés en plongée sur la banquise vide de tout être humain, a évidemment été filmée par un drone. Mais cela a nécessité une grande préparation technique et l’évacuation de toute l’équipe très loin hors du champ de la caméra du drone. En souriant il raconte qu’ils étaient donc filmés de haut tout seuls, et qu’après un moment il s’est dit qu’il leur fallait bien parler de quelque chose. Ils ont soi-disant parlé des prix de l’immobilier à Paris tout d’abord (ce qui rend la scène assez délirante après coup), puis tout à coup, Pierre Niney lui a dit : « Creuse un trou ». Au départ, il n’a pas compris pourquoi, puis il a saisi que Pierre Niney qui n’est pas très grand, ne voulait pas paraître minuscule par rapport à lui et qu’il lui demandait de s’enterrer un peu dans la neige ». La salle rit à nouveau !
Tournage du film en Antarctique
Une autre homme dans le public pose la question des effets spéciaux. Ils sont très nombreux dans le film, pour des raisons évidentes (la calypso affrontant une mère déchaînée, les requins entourant les plongeurs etc). Loïc Lefrileux l’un des projectionniste de l’Institut me dit le lendemain qu’ils lui crevaient les yeux pendant la projection. C’est vrai que même pour moi, certains étaient réellement très très visibles. 

Mais Lambert Wilson a l’intelligence de ne pas évoquer ceux qui sont les plus évidents et de lier son exemple à la défense de l’environnement. Il explique ainsi que les scènes de plongée en famille aux larges des eaux provençales, ont requis des images de synthèse pour les poissons. Et même dans la scène de la fin où Philippe plonge au même endroit avec sa fiancée vingt ans après, le seul poisson qui reste à voir est un poisson de synthèse. Partout dans la mer Méditerranée nous dit-il c’est la même chose : il n’y a plus un seul poisson au bord des côtes.

S’en suivent inévitablement les questions sur que peut-on faire à son avis et sur le rôle qu’il a évoqué avant la projection de lanceur d’alertes de Cousteau (il ne revient pas sur le côté très pollueur de Cousteau au début et sur son financement par des pétroliers que le film évoque). 

Avant de poser leur question, plusieurs personnes (dont Paul Ryan) rappelle aussi avoir vu les films de Cousteau dans les années 50 ou 60, en particulier son long métrage : Le Monde du silence. Cela sera aussi le cas du discours de Marc Mourrre (président du Trust de l'IFRU) après le film. C’est un peu comme si tout le monde voulait s’accaparer Cousteau, même les Britanniques présents dans la salle.  
Le film de 1954
1976
Lambert Wilson termine en disant que ce film montre qu’il y a encore des choses à faire, même s’il a commencé en disant que l’Antarctique était menacée puisqu’elle n’était protégée que jusqu’en 2049 et que certains pays [La Russie notamment] voudraient d’ores et déjà réouvrir des pourparlers. Il conclue en disant qu’il espère que le film va contribuer à aider à sa protection. 


J’avoue que j’ai raté la ou les toutes dernières questions car je devais partir avant la fin.
Je ne peux donc pas décrire la sortie du film, ni le début de la réception.